Le ministère des Armées se constitue un stock de chloroquine, au cas où ce produit «se révélait validé par les autorités de santé comme étant utile pour lutter contre le Covid-19».

De la chloroquine, « par précaution ». Le ministère des Armées a reconnu vendredi avoir acheté ce produit en Chine pour constituer un stock. « Dans un contexte de fortes tensions des approvisionnements de matières premières à usage pharmaceutique, le ministère des Armées a réalisé un achat de précaution, si jamais la chloroquine se révélait validée par les autorités de santé comme étant utile pour lutter contre le Covid-19 », indique le ministère.

Cette réaction officielle intervient après la diffusion jeudi sur les réseaux sociaux d’une vidéo qui montre une livraison de barils étiquetés « phosphate de chloroquine », provenant de Chine. Un homme en voix off affirme que ces barils contiennent un total de « 70 kg » et montre un bon de commande de la « pharmacie centrale des armées ».

« Soi-disant, Raoult c’est un gourou, on le fait passer pour je sais pas quoi, et ça va où tout ça? Pharmacie centrale des armées! Où on soigne les militaires. C’est bizarre! » entend-on dans la vidéo.

Uniquement dans le cadre de la crise sanitaire

Le ministère des Armées confirme que cette livraison provient effectivement de Chine et qu’il s’agit bien de « sel ou phosphate de chloroquine, qui permet le développement d’une forme injectable ». Il ne confirme toutefois pas la quantité de produit commandé.

Contacté par Le Parisien, le ministère précise que ce produit a bien été commandé dans le cadre de la crise sanitaire, pour l’utiliser contre le Covid-19 si jamais « les autorités sanitaires validaient ce traitement ». La chloroquine n’est en effet plus utilisée comme anti-paludéen au sein des armées françaises, et ce « depuis quelques années maintenant ».

Les personnes qui pourraient bénéficier des stocks de l’armée, dans l’hypothèse où la chloroquine serait validée comme traitement par les autorités françaises, seraient « le personnel militaire, mais aussi le personnel civil soigné dans les hôpitaux d’instruction des armées », nous indique le ministère.

Seulement autorisée pour les cas graves à l’hôpital

L’infectiologue français Didier Raoult prône depuis le début de l’épidémie l’utilisation de l’hydroxychloroquine (dérivé de la chloroquine, un médicament contre le paludisme) pour combattre le coronavirus. Certains médecins, certains pays et des élus appellent à administrer largement ce médicament.

http://www.leparisien.fr/societe/coronavirus-l-armee-francaise-a-achete-de-la-chloroquine-par-precaution-24-04-2020-8305518.php