Mardi 28 avril, Édouard Philippe a présenté le détail du plan de déconfinement en France. La vie sociale ne reviendra pas à la normale de sitôt, prévient la presse étrangère.

En théorie, la date du 11 mai devait être l’occasion pour les Français de se réjouir, relatait la Süddeutsche Zeitung, juste avant la présentation du plan de déconfinement. Mais plus “encadré que jamais”, le plan présenté ce mardi 28 avril et approuvé par 368 voix contre 100 à l’Assemblée nationale “ressemble bien plus à un carcan qu’à une libération”affirme Le Temps.

Le Premier ministre a ainsi expliqué, devant les députés, comment “le gouvernement a décidé d’orchestrer une sortie de quarantaine”. Il “le fera avec beaucoup, beaucoup de prudence”observe le journal italien La Stampa. De manière “très progressive, lente et avec la possibilité de revenir en arrière si l’épidémie se répand à nouveau ou si les gens ne respectent pas les consignes”précise depuis l’Espagne El País. Des consignes “nombreuses, qui affecteront encore profondément la vie des 67 millions de Français pendant une période encore impossible à définir”.

Une vie sociale toujours limitée

C’est pourquoi, usant d’un “ton mesuré” selon le journal argentin Clarín, le chef de gouvernement a donné plusieurs dates repères, marquant les différentes étapes du déconfinement.

Ce qui est sûr, prévient le quotidien espagnol El Periódico, c’est que “la vie sociale continuera d’être limitée” après le 11 mai, même “s’il ne sera plus nécessaire d’avoir un justificatif pour sortir dans la rue”.

Toute la question pour le gouvernement, était de trouver “comment relancer l’économie tout en préservant la santé publique”, explique de son côté La Libre Belgique. Car si “l’épidémie continue de ralentir sans avoir été stoppée par 43 jours de confinement”, Philippe a bien rappelé qu’un “confinement prolongé outre mesure aurait des conséquences sur notre société”, il a même évoqué un “risque d’écroulement de l’économie”

“Protéger, tester et isoler”

“Protéger, tester et isoler : ce sera donc le triptyque choisi par la France pour son déconfinement”, souligne encore le journal belge. “Pour le premier volet, le port du masque jouera un rôle important.” Les entreprises, commerçants, particuliers sont priés de se montrer responsables, a dit Édouard Philippe. Mais il n’a également pas manqué de revenir sur la politique menée par le gouvernement depuis le début de la crise concernant ces protections, “en réponse aux critiques” sur un des sujets “les plus sensibles”, note Clarín. En réponse aussi au “mécontentement des Français”, renchérit la Tagesspiegel.

“Pour le deuxième volet, concernant les tests, le Premier ministre français a assuré que leur capacité serait amplifiée d’ici au 11 mai.” L’objectif est d’arriver à 700 000 tests virologiques par semaine. Un point important pour le journal italien La Repubblica, qui estime que “la France a été un des pays qui en a fait le moins à ce sujet, à cause de problèmes bureaucratiques et de la concurrence entre laboratoires publics et privés”.

Il y aura également un suivi des patients identifiés comme positifs ainsi qu’un traçage des contacts”, note La Libre Belgique. Même si, pour l’application de tracking StopCovid actuellement développée, un débat sera organisé. “Quant à l’isolement, il s’agira de casser les chaînes de contamination en plaçant en quarantaine les personnes testées positives.”

Philippe a par ailleurs détaillé la feuille de route concernant le retour à l’école, là encore “progressif”, rappelle El Periodicó – pour les lycées, la question sera tranchée début juin –, de même pour les bars, restaurants et les cafés. “Le télétravail doit être maintenu, partout où il est possible” et les déplacements interrégionaux devront se limiter aux raisons professionnelles et familiales impérieuses.

Rendez-vous le 2 juin

“Prudence” encore, note La Stampa puisque “chaque département sera observé à la loupe”, précise La Libre.

Le degré d’assouplissement des restrictions dépendra, entre autres, de la propagation du virus dans les différents départements”, note Der Tagesspiegel.

Pour La Stampa, ce choix géographique apparaît comme une “approche pragmatique” et “logique puisque le Covid-19 a frappé le pays de façon disparate, en épargnant surtout le Sud et l’Ouest”.

Un enjeu auprès des Français

Finalement, le Premier ministre a pris un nouveau rendez-vous avec les Français : “La seconde étape du déconfinement est prévue pour le 2 juin”, précise La Libre. D’ici là, “le plan présenté par Philippe – qui a également annoncé la prorogation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 23 juillet – sera soumis au vote [du Sénat] la semaine prochaine”, ajoute El País.

“Les yeux des Français sont désormais tournés vers la réalisation de ce plan”, prévient finalement La Stampa. En effet, “la déception quant à la gestion de crise a été forte dans le pays”. Selon la dernière enquête de l’IFOP, 65 % des Français n’ont pas confiance dans le gouvernement sur ce dossier. “Un pourcentage qui n’a pas arrêté de grimper ces dernières semaines.”

https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-letranger-deconfinement-le-plan-du-gouvernement-francais-plus-un-carcan-quune