Coronavirus : des professionnels provençaux portent plainte contre les autorités sanitaires:

Ils sont CRS, infirmiers, sages-femmes ou kinésithérapeutes. Plusieurs professionnels du Var et des Bouches-du-Rhône portent plainte contre la Direction générale de la Santé et l’Agence nationale de la santé, pour notamment mise en danger de la vie d’autrui.

” Nos vies ont été délibérément mises en danger !” Dix professionnels du Var et des Bouches-du-Rhône, en première ligne dans la lutte contre le coronavirus, ont décidé de porter plainte contre la Direction générale de la Santé et l’Agence nationale “Santé Publique France”. Plainte pour mise en danger de la vie d’autrui et abstention volontaire de prendre des mesures.

Pour ces infirmiers, sages-femmes ou CRS, plus que tel ou tel ministre du gouvernement actuel, ce sont les autorités sanitaires qui ont failli depuis des années dans leur mission de prévention et de gestion de cette crise liée au Covid-19. Dans la région, c’est la première plainte déposée contre ces autorités sanitaires.

“Tout était écrit…”

Pour le cabinet d’avocats toulonnais qui représente ces plaignants, “tout était pourtant écrit… et depuis longtemps !” Me Laurent Gavarri s’appuie notamment sur plusieurs rapports parlementaires : “Le risque épidémique est parfaitement connu par les pouvoirs publics depuis des rapports de 2005 et 2006. Des plans de pandémie grippale ont également été publiés en 2006 et 2009. En 2018, l’Agence nationale Santé Publique France écrit d’ailleurs dans son rapport annuel que “le risque de pandémie ne peut être exclu, et qu’il  faut être préparé à y répondre le cas échéant”.

Selon l’avocat, les autorités sanitaires auraient donc dû constituer depuis des années des stocks de masques, notamment FFP2. “Leur utilité est mise en avant dans de nombreux rapports. Mais il a été délibérément décidé de ne pas faire de stocks. On a fait prévaloir la conservation des deniers publics sur la protection de la santé publique. Un rapport parlementaire de 2015 indique que les stocks de masques ne seront plus à la charge de l’Etat mais à la charge des employeurs, et ce pour des raisons d’économie.”

L’angoisse des plaignants

C’est dans ce contexte que les plaignants se sont retrouvés sans masque FFP2 pour assurer leurs missions. Aude est sage-femme dans les Bouches-du-Rhône, elle raconte son angoisse : “Je peux contaminer mes patientes, des femmes enceintes qui sont dont à risques, notamment au cours du troisième trimestre. Mais je peux aussi contaminer ma famille. Ne pas protéger les soignants c’est pour moi une faute”.

Selon Me Laurie Franchitto, associée du cabinet d’avocats, “Il y a un vrai préjudice d’anxiété pour ces personnes. Nous allons donc saisir les juridictions compétentes afin de faire reconnaître et consacrer ce préjudice spécifique liée à la contamination ou à la peur omniprésente d’être contaminé par le Covid-19”.

Source: France Bleu