Il n’y a pas besoin d’un essai randomisé pour vérifier les résultats de l’association prônée par l’équipe du professeur Raoult ! Il suffit de reproduire son protocole !

CONCEPTION ET LIMITES DE L’ESSAI DISCOVERY

L’essai Discovery, tel qu’il est annoncé, vise à mettre en évidence la meilleure thérapeutique à prescrire contre le coronavirus. Mais il semble réitèrer toutes les erreurs décrites dans la saga de l’ostéosarcome, que nous allons vous conter plus bas, et de nombreux autres essais multicentriques. Il risque ainsi de diminuer les chances de guérison des malades inclus et qui plus est, d’autres patients en attente de décisions du Gouvernement pour l’autorisation des traitements.

Sa finalité est à l’évidence de permettre la mise sur le marché contre le COVID19 des molécules de Gilead (Remdésivir), et d’Abbvie (Lopinavir/Ritonavir), voire de stimuler les ventes d’interféron de Merck. Il a été initié par des médecins dont beaucoup, par leur agressivité envers le professeur Raoult et les liens d’intérêts étroits qu’ils entretiennent avec les firmes Gilead et Abbie, se comportent comme de véritables représentants de commerce et/ou lobbyistes de ces firmes. Le sponsor de l’essai est l’Inserm.

Il ne s’adresse qu’aux malades hospitalisés, en détresse respiratoire (graves et pour certains intubés). Il est classé phase 3.

1 Le bras pudiquement appelé « soins standard » est en réalité un bras témoin sans traitement antiviral actif, limité à la réanimation habituelle. Compte tenu des résultats actuellement médiocres de ce « traitement standard » sur les malades en détresse respiratoire, les patients de ce bras (20% des malades de l’essai) seront, de fait, sacrifiés pour permettre éventuellement à un médicament anti viral, même très peu actif, de paraître efficace.

2 Le bras Remdésivir a suscité initialement quelques espoirs, car la molécule est active in vitro contre le virus. Il a malheureusement très peu de chances d’apporter le moindre progrès aux malades souffrant de formes graves. En effet, les résultats d’un essai anglais de cet antiviral viennent d’être publiés et se sont révélés très décevants (aucune différence entre les malades témoins non traités et ceux qui recevaient du Remdésivir).

3 Le bras Lopinavir/Ritonavir = « kaletra » est lui aussi peu susceptible de grande efficacité si on en croit les résultats très médiocres (aucune différence entre les malades témoins non traités et ceux qui recevaient le kaletra) d’un essai randomisé coréen portant sur 199 malades et publié récemment.

Ce médicament LOPINAVIR 200 mg + RITONAVIR 50 mg (KALETRA) comprimés est commercialisé et indiqué, en association avec d’autres médicaments antirétroviraux, pour le traitement des adultes, des adolescents, des enfants âgés de plus de 2 ans infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH-1) d’où l’espoir qu’il puisse être efficace contre ce coronavirus. Ce ne semble pas être le cas, d’où la tentative de l’associer à un interféron, potentiel antiviral actif (bras 4).

4 Le bras « tout en un » associe Lopinavir/Ritonavir à l’interféron ß1a

L’efficacité de l’interféron Béta (mais aussi interféron alpha utilisé par les cubains) est certaine dans de nombreuses maladies virales. Si ces médicaments exercent une synergie entre eux, on peut espérer qu’ils puissent apporter quelques bénéfices. Malheureusement les études de D Raoult et de nombreuses études internationales montrent qu’au moment où les malades passent en détresse respiratoire, la charge virale a beaucoup baissé et l’efficacité des antiviraux quels qu’ils soient est peu probable.

 5 Le bras censé vérifier les résultats de l’équipe Raoult

 Le bras « chloroquine » n’a pas du tout repris le protocole de l’équipe de Marseille.

Il ne prévoit pas d’associer l’Azithromycine (ni même un autre antibiotique antiviral) alors que la synergie entre Azithromycine et chloroquine est essentielle dans l’efficacité sur les formes précoces. Et contrairement aux rumeurs sur la toxicité prétendue de cette association, il faut savoir qu’elle est utilisée avec succès chez les femmes enceintes en zone d’endémie palustre et très bien tolérée.

De plus, la chloroquine sera donnée seule à une dose quotidienne inférieure de 33% (400mgà celle du protocole marseillais (600mg). Elle est administrée trop tardivement, dans les cas les plus sévères, évolutifs, à un moment où la charge virale s’effondre et que la maladie se résume à une pneumopathie grave évoluant pour son propre compte. A ce stade la chloroquine ne peut plus guère être efficace.

Le traitement de ce bras n°5 a déjà été testé par un petit essai randomisé chinois utilisant la chloroquine sans antibiotique associé, trop tardivement et à ces doses insuffisantes. Cet essai a conclu que dans ces conditions la chloroquine ne sert à rien ! Alors pourquoi le bras chloroquine de l’essai Discovery reprend-il ce protocole inefficace au lieu du protocole Raoult original ? L’intéressé commentant ce bras de l’essai Discovery constate : « si on avait envie de prouver que ça ne marche pas, on ne s’y prendrait pas autrement ».

Au total et sans prendre de risques (contrairement aux cobayes qui y participeront), on peut prédire que malheureusement, rien d’utile aux malades ne sortira de cet essai Discovery.

Un essai contre l’éthique, et le bien des patients

Les commentaires de patrons de maladies infectieuses, français ou étrangers sont nombreux à contester l’éthique de cet essai qui fait courir des risques aux patients dans l’attente des résultats, sans chance théorique de les sauver. Le Professeur Perronne, chef de service de maladies infectieuses à l’hôpital R Poincaré de Garches, résume bien les reproches faits à cet essai que tous les médias progouvernementaux et les médecins des centres participants veulent nous imposer à longueur de messages sur France info et autres.

Heureusement d’autres journalistes font leur travail : « Sur LCI, le 25 mars, ce dernier (le Pr Perronne déclarait que « le médicament devait être donné aux personnes avant qu’elles n’entrent dans des cas graves », et avoir été « estomaqué » par ce choix alors que « les Chinois nous disent qu’il faut faire l’inverse ». L’infectiologue contestait aussi l’utilité du test Discovery, lourd et mené en pleine urgence sanitaire : « Certains vont être testés par un placebo, auront signé un document dans lequel ils acceptent ne recevoir éventuellement aucun traitement. Je ne trouve pas cela éthique alors que le Plaquénil (médicament à base d’hydroxychloroquine) marche. »

Ni éthique, ni pratique : « En plus, tous les stocks de Plaquénil vont être réservés à ce test Discovery. Stop, ce n’est pas éthique. On ne peut pas attendre un test dont les résultats vont arriver dans trois mois. Moi, je suis très choqué en tant que citoyen, médecin. À partir d’un moment, il y a des limites. »

COMMENT EN EST – ON ARRIVE LA, EN 40 ANS : LE PATIENT OUBLIE, DEVENU COBAYE, OBJET, TRACEUR …

Petite Histoire des essais thérapeutiques multicentriques internationaux

Trucage de la soi-disant reproduction des essais : l’histoire se reproduit ! Malheureusement, nous avons vécu en notre jeunesse une tragédie du même genre ayant conduit à de nombreuses morts évitables et amputations superflues. Tout cela pour de l’argent et le règne de Big pharma et affidés qui commençait dans les années 80. Cela concernait des enfants et adultes jeunes atteints de cancer des os et donc une population plus restreinte (quelques milliers de malades). Ce scandale majeur n’a pas pu atteindre la population générale. La crise du Covid19 va enfin informer le monde entier des pratiques, parfois perverses, brandies au nom de la science, être virtuel qui ne peut se défendre. Science, que de crimes commet-on en ton nom !

L’exemple du traitement des ostéosarcomes montre que la religion des essais thérapeutiques randomisés peut être dangereuse pour les malades et trompeuse pour les médecins sincères et les patients. Le mot miracle « randomisé » = tirage au sort, ne garantit pas à lui seul la pertinence de l’étude. Le problème est de savoir ce qu’on tire au sort !

Lorsque les vrais scientifiques (mathématiciens, physiciens ou chimistes) doutent des résultats d’une expérience, ils la vérifient en la reproduisant à l’identique. Les médecins ne travaillent pas sur des entités virtuelles, toujours identiques et comparables, mais sur l’Homme, ce qui rend notre domaine à la fois plus humain et moins « scientifique ». L’acte médical n’est pas une expérience scientifique ; il traite des humains tous différents, tous uniques ; il utilise des données scientifiques qu’il doit adapter aux caractères uniques de chaque individu. Tenter de le faire croire aux auditeurs qu’il s’agit d’une science dure est manipulation. Le médecin fait un diagnostic sur un faisceau d’arguments cliniques et examens complémentaires, puis propose un traitement, le meilleur connu en l’état actuel de la science, aujourd’hui, pas dans trois semaines ou trois mois.

La « révolution » supposée scientifique de la médecine arrive avec Thatcher et la volonté de transformer les systèmes de santé en « entreprises » en appliquant les méthodes des grandes entreprises (dont on mesurera la nocivité avec les suicides chez Orange, France Telecom, puis les hôpitaux à leur tour dès les années 2000). On prétend « rationaliser » les pratiques médicales et le remplissage des tableaux Excel, les évaluations multiples récurrentes remplacent le temps consacré à l’examen clinique et à l’échange réel avec le patient. En matière de progrès, l’étalon or devient l’essai clinique le plus large possible, multicentrique, international. On se gave de concepts et bientôt ce sont les technocrates assistés par les « sociologues » et les commerciaux qui vont décider de l’alpha et l’oméga de la médecine, jusqu’à la loi Touraine (janvier 2016) qui consacre dans son article 1 que l’état décide, au lieu de contrôler comme auparavant. Fini l’exercice d’Hippocrate, les politiques écouteront plus volontiers leurs « experts » des Mines ou de Polytechnique que les praticiens au lit du patient. Aujourd’hui encore cette dérive mortifère se traduit dans le choix des membres du « conseil scientifique » du Président. Davantage de sociologues, anthropologues, chercheurs que de médecins cliniciens dans son aéropage destiné à guider la politique d’une affaire proprement médicale. On y trouve d’ailleurs le sociologue D. Benamouzig, dont la thèse de 2000 sur « l’utilisation massive des méthodes quantitatives », montre bien le choix du pouvoir de la médecine quantifiée, rentable, industrielle, qui n’est plus médecine au sens propre.

C’est effectivement depuis qu’il y a confusion des genres que la médecine clinique déraille clairement. On ne peut être à la fois réellement « chercheur » et clinicien. Interne en chirurgie le matin et généticien l’après-midi ; cela ne marche que pour quelques cerveaux extrêmement brillants peut-être, et encore ne confondra-t-il pas l’affect de son patient et le ressenti de la mouche Tsétsé. Sur le papier, oui mais en réalité non. Ce n’est pas le même métier. Nous pouvons travailler ensemble, mais ne sommes pas capables de tout faire en même temps. C’est depuis les années 85 -90 que le cursus d’un futur professeur clinicien doit être bardé d’études théoriques plutôt que d’articles cliniques très mal cotés dans les épreuves de titres et travaux. Être un bon scientifique, là où le patient cherche un bon médecin selon Hippocrate ! Erreur de stratégie médicale qui aboutit aux drames actuels, mais choix politique ! Un élément du Titanic.

La « pseudo » rationalisation » du système de santé débutée en 1984 a détruit le rôle du médecin devenu OS (ouvrier spécialisé, sa rémunération en témoigne), technicien sommé d’obéir et non de penser. Déprofessionnalisation, prolétarisation dont témoigne la féminisation de la profession. L’autonomie, le rapport privilégié au patient en un dialogue singulier disparaissant, l’attractivité de la vocation qui devient métier comme un autre, disparait avec cette pratique collective imposée au nom de la productivité, de l’efficience. Les déserts médicaux n’en sont qu’une des conséquences visibles.

Science, recherche, et propagande
Les grands laboratoires pharmaceutiques ont de brillants chercheurs et ne s’y trompent pas. Les virologues et infectiologues « professeurs » que l’on voit actuellement beaucoup dans les médias ne sont le plus souvent que des intermédiaires payés pour signer les articles rédigés par les départements communication des entreprises du médicament (ghost authors, auteurs fantômes) et de faire la promotion de « nouveaux médicaments » et/ou vaccins dans le public et parmi leurs élèves. Ce sont des communicants chargés de faire vendre les médicaments. Ce que ressentent si bien les familles d’enfants soumises au diktat du professeur, « ça ou rien, sinon vous serez sur liste rouge et mort dans trois semaines ». Où sont passées l’empathie et la compassion, qui caractérisaient la consultation médicale dans la majorité des cas ?

Entre « science », médecine, et les patients qui meurent aujourd’hui, qu’attendre de l’essai Discovery pour traiter le Covid19

Les chercheurs européens (non pas « docteurs » dans ce costume-là) privilégient un essai randomisé, le Discovery démarré il y a une semaine et affiché récemment sur le site Clinicaltrials.gov avec force publicité médiatique. Or cet essai, tel qu’il est conçu, risque fortement de nuire aux malades inclus en ne leur donnant pas « le meilleur traitement » connu, dont on dispose à ce jour, alors qu’ils sont en risque vital.

Depuis que l’équipe de Marseille a décidé de traiter tous les malades atteints de Covid19 qui pourraient (et voudraient) en bénéficier par l‘association Plaquenil + azithromycine, l’OMS, le ministère, de nombreux leaders d’opinion médecins ou non, les trolls des laboratoires et certains confrères sincères et formatés, plus soucieux de la forme d’une étude que du fond, prétendent qu’il serait dangereux d’autoriser un traitement sans qu’il n’ait été préalablement validé par un essai thérapeutique. Cet essai devrait selon eux être prospectif multicentrique et randomisé (tiré au sort).

Les malades attendent, meurent. Le décompte des victimes leur est cruellement imposé chaque soir et ils devraient attendre en regardant les listes de victimes s’allonger, alors qu’un médicament, la chloroquine pris par plus d’un milliard d’individus dans le monde et donc presque sans risque, pourrait les sauver si on le donne TOT ? AU NOM DE QUOI les en prive-t-on ?

L’illusion perdue de l’Evidence base medicine ou médecine fondée sur les preuves 

Ces essais, fondements de la médecine abusivement appelée « médecine des preuves » (Evidence Based Medicine ou EBM) se caractérisent par le tirage au sort des traitements appliqués. Car l’EBM refuse d’analyser tous les articles reposant sur des études non tirées au sort.

Les patients cobayes acceptent un « protocole » ou schéma de traitement, sans en connaître les modalités précises. Le but est de fabriquer des groupes de malades en principe parfaitement comparables (ce ne sont que des humains toutefois…). La méthodologie est théoriquement parfaite (pour des souris). Mais l’analyse objective de leurs résultats réels chez l’homme montre qu’ils souffrent de très nombreux biais qui rendent leurs conclusions souvent aussi incertaines que celles des essais dits ouverts (sans groupe témoin, avec comparaison historique).

C’est oublier que les médicaments essentiels, les plus basiques, dont nous nous servons tous les jours (aspirine, pénicilline, cortisone) ont exceptionnellement subi de tels essais avant commercialisation. L’aspirine ne passerait d’ailleurs certainement pas avec succès l’épreuve d’un tel essai.

Les mises sur le marché sans essai randomisé sont légion : exemple du Keytruda, célèbre immunothérapie

C’est aussi ignorer qu’en 2019, la Food and Drug Administration (FDA) n’a pas demandé d’essai randomisé pour accorder une autorisation de mise sur le marché (AMM) au Keytruda pour le traitement de « toute tumeur présentant une anomalie génétique particulière ». Le keytruda est pourtant une molécule récente dont on connait encore mal les effets secondaires ! Deux essais qui l’utilisaient ont dû être interrompus parce que les malades qui le recevaient mourraient davantage et plus vite que ceux qui y avaient échappé !

Les critiques sans vergogne sur tous médias, des études du Professeur Raoult n’ont guère protesté contre la publicité énorme faite à ce traitement dit « d’immunothérapie » que les patients réclament et que les cancérologues prescrivent largement en dépit de résultats médiocres.

Scoop  ! À la suite de l’autorisation de l’usage de la chloroquine par le président Trump, fin mars 2020, la FDA vient d’autoriser le traitement du Covid 19 par Remdésivir et le Kaletra le 29 mars, sans essai avec tirage au sort.

Que vont dire les délateurs du Pr Raoult ? Deux poids, deux mesures probablement.

Essais multicentriques randomisés, trop longs, trop lourds, le Graal des années 2000 déjà largement en déclin

Déjà abandonnés au bénéfice des « tests » ou études pivots basées sur de petits nombres de patients et une durée courte sur lesquels la grande majorité des nouvelles drogues sont acceptées par les agences du médicament et commercialisées.

Comme nous l’écrivions dans les années 2000, « les essais thérapeutiques multicentriques randomisés n’ont permis que très exceptionnellement de faire progresser la médecine. Ils ne font que confirmer les progrès qu’un médecin novateur a mis au point. Ils agissent comme des moyens de contrôle qui constatent les progrès que les autres ont inventés dont ils s’attribuent parfois le mérite sans vergognes ».

Les professeurs Debré et Even le rappellent dès le début des années 2000 :« toute l’histoire de la médecine montre que jamais aucun de ces essais n’a été la source d’un progrès sensible … la plupart d’entre eux n’aboutissent qu’à des résultats incertains ou erronés  ». « Toutes les grandes thérapeutiques des années 1950 à 1975, comme celles du sida se sont imposées par leur efficacité même sans le besoin de cet appareillage dont la lourdeur n’auraient fait que les retarder. »

Plus récemment S Every Palmer constatait « la médecine fondée sur les preuves a été annoncée au début des années 1990 comme un “nouveau paradigme” pour améliorer les soins aux patients. Pourtant, il n’y a actuellement que peu de preuves que la « médecine fondée sur les preuves » ait atteint son objectif. Depuis son introduction, les coûts des soins de santé ont augmenté alors que l’on manque toujours de preuves de qualité suggérant que la médecine EBM a entraîné des gains substantiels en matière de santé au niveau de la population  Le potentiel de la médecine fondée sur les écosystèmes pour améliorer les soins de santé des patients a été contrecarré par des biais dans le choix des hypothèses testées, la manipulation de la conception des études et une publication sélective. Les preuves de ces failles sont les plus claires dans les études financées par l’industrie. Nous pensons que l’acceptation aveugle par l’EBM des “preuves” produites par l’industrie revient à laisser les politiciens compter leurs propres votes. Étant donné que la plupart des études d’intervention sont financées par l’industrie, il s’agit d’un problème sérieux pour la base de données globale. Les décisions cliniques fondées sur ces preuves risquent d’être mal informées, les patients recevant des traitements moins efficaces, plus nocifs ou plus coûteux ».

Les essais randomisés peuvent nuire gravement aux malades inclus : la saga de l’ostéosarcome

La nocivité de certains essais thérapeutiques est illustrée par l’épopée du traitement de l’ostéosarcome.

Au début des années 1970, ce cancer des os était traité par amputation et moins de 20% des malades survivaient plus de 2 ans. Norman Jaffe montra que le Méthotrexate donné à forte dose pouvait guérir des malades même métastatiques. Gérald Rosen publia dans la foulée (1979) qu’en donnant la chimiothérapie avant l’opération et en adaptant cliniquement la dose à chaque malade, on pouvait en guérir 80% et, le plus souvent leur éviter l’amputation. Huit malades sur 10 !

Haro sur le Rosen, qui ne peut que mentir !

Ses résultats, comme actuellement ceux de D. Raoult, furent immédiatement mis en doute par les partisans des essais randomisés avec les mêmes arguments (« la méthode n’est pas bonne, ça ne prouve rien, ce n’est pas de la science ») opposant leur (pseudo) « science » à la médecine.

A l’époque de la polémique « Rosen », ils ont même prétendu que la maladie se serait spontanément améliorée, comme aujourd’hui les malades guéris par le schéma Raoult auraient tous guéri spontanément… Le soleil de Marseille probablement.

Ces chercheurs, représentant une majorité d’institutions tenant le haut du pavé (Mayo Clinic en tête), ont osé réaliser un essai thérapeutique multicentrique randomisé (Multi Institutional Osteosarcoma Study : MIOS) alors que 3 ans plutôt Rosen guérissait beaucoup de patients sans amputation. Dans cette étude de chercheurs- médecins, oubliant la première recommandation d’Hippocrate, la moitié des malades ne devaient recevoir aucune chimiothérapie et l’autre moitié ne recevoir qu’une chimiothérapie insuffisante (pas le véritable protocole Rosen), sans que les comités de protection des personnes n’aient refusé.

Heureusement, les protestations des médecins soucieux d’éthique avaient obligé les investigateurs à permettre aux malades inclus de choisir leur bras thérapeutique. Les malades, clairvoyants, avaient opté très majoritairement pour le bras avec chimiothérapie. Dans cet essai MIOS de 1982-84, le taux de survie en première rémission des malades sans chimiothérapie ne pas dépassa 11% alors que le Rosen T10 leur aurait permis d’obtenir plus de 80% de guérison. Que de vies brisées par un entêtement des dits « scientifiques » ? Les décennies n’améliorent pas le libre choix des malades  : les cobayes Covid19 qui accepteront de rentrer dans l’essai n’auront pas le choix du bras de traitement et leur consentement éclairé sera très relatif.

En 1991, lorsque les résultats de l’essai MIOS furent enfin publiés, confirmant la nécessité de la chimiothérapie, ils ne présentaient plus aucun intérêt pour la pratique clinique, la quasi-totalité des cancérologues donnaient déjà de la chimiothérapie à leurs malades. Les promoteurs de cet essai n’ont jamais reconnu leurs erreurs. C’est le cas de grand nombre d’essais multicentriques trop lourds dont les résultats arrivent le plus souvent trop tard et la conclusion est automatiquement : il faut refaire un essai.

Il est difficile et dangereux d’être novateur en France

Le même phénomène s’est reproduit pour l’acte chirurgical. Le Dr G Delépine raconte : « Je me suis battu depuis 1978 contre les amputations inutiles en cancérologie, ce qui m’a valu d’être poursuivi en 1986 par le conseil de l’ordre des médecins à la suite d’une plainte d’un professeur lyonnais. N’ayant pu m’appuyer que sur mes premiers cas et publications, et n’ayant pas pu produire des articles d’autres auteurs confirmant mes idées aux confrères chargés de l’instruction, j’allais être condamné pour utilisation « de traitements dont l’efficacité n’a pas été prouvée scientifiquement » (en gros charlatanisme). Je n’ai dû mon salut (et la poursuite de mes activités chirurgicales) qu’à la parution, 2 mois avant le jugement d’un audit du ministère américain confirmant que l’amputation pouvait être évitée sans risques particuliers pour les malades. La lenteur de la justice est parfois utile… »

Les conclusions des essais thérapeutiques sont souvent fausses ou mal interprétées

Le combat pour éviter des amputations inutiles n’était pas terminé ! Les croyants en l’infaillibilité des essais randomisés multicentriques, analysant les premiers protocoles austro- allemand (COSS 77 et COSS 80) ont prétendu que la chirurgie conservatrice diminuait les chances de guérison ; cette conclusion erronée a conduit beaucoup de malades à l’amputation, avant que toutes les autres études confirment que l’amputation n’offrait aucun avantage cancérologique. Et le combat n’est toujours pas gagné. Au lieu d’utiliser comme G Rosen des doses adaptées à chaque malade et à chaque tumeur, les promoteurs des essais thérapeutiques ont voulu démonter qu’un protocole plus simple était aussi efficace.

Les résultats des essais peu satisfaisants ne sont pas publiés ou trop tardivement

Le rapport de l’IGAS de 2003 souligne que lorsque les résultats d’un essai sont publiés, c’est exceptionnellement avec la célérité indispensable à l’utilisation efficace de leurs résultats. Les résultats des protocoles européens EIO n’ont été publié que près de dix ans après notre alerte. Demandant en 1985 une publication intermédiaire rapidement, les coordinateurs de l’essai ont répondu : « il n’est pas question que nous présentions des résultats préliminaires maintenant, car cela pourrait nuire à la bonne poursuite de l’essai »  : ils privilégiaient l’intérêt de l’essai à celui des malades. Le moyen devient le but et est jugé sur la forme. On a depuis longtemps oublié le malade.

Les essais thérapeutiques multicentriques nuisent souvent aux malades inclus, car ils leur ne permettent généralement pas de bénéficier du meilleur traitement connu, diminuant ainsi leurs chances de guérison.

Dans l’essai MIOS, le taux de survie en première rémission des malades du bras témoin n’a pas dépassé 11% contre plus de 80% à ceux traités à l’époque par Rosen ! Dans les essais européens de (IEO 1 et 2) réalisés 5 à 12 ans après la publication des résultats de Rosen, la moyenne de survie en 1ère rémission des malades inclus n’a pas dépassé 46% ! 36% de pertes de chances de survie !

Les pertes de chances de survie des malades inclus dans des essais randomisés multicentriques sur l’ostéosarcome ont ainsi directement été responsables de la mort de plusieurs centaines de malades, sans qu’aucun promoteur n’en ait assumé les conséquences scientifiques, morales ni judiciaires.

En France actuellement, des essais imposés aux familles et aux adultes. Perte totale de la liberté de choix par le médecin et/ou la famille

L’application autoritaire du plan cancer impose en France d’inclure les malades dans des protocoles décidés par l’Institut National du Cancer. Le taux de rémission des malades souffrant d’ostéosarcome n’atteint plus les 60% à 5 ans alors que 90% de nos malades non métastatiques et traités de première main sont encore vivants après plus de 25 ans de recul. Et les ARS, à la demande de certaines équipes bien en cour, interdisent à des médecins plus efficaces de prendre en charge certains malades, par une simple lettre (de cachet ?). Ces équipes dénoncent ceux qui proposent d’autres interventions, imposent d’accepter des amputations évitables ou des interventions handicapantes. Ces malades sont alors contraints d’aller à l’étranger à leurs frais, pour être traités de manière plus humaine.

Quelle sont les finalités habituelles des essais multicentriques randomisés ?

Selon le rapport de l’IGAS « la finalité des essais ne correspond pas forcement à l’intérêt des malades » « dans 76% des cas le promoteur est un industriel ». Les professeurs Evin et Debré sont plus clairs « Le thème de l’essai est trop souvent déterminé par des raisons commerciales. L’objectif est d‘étendre le marché. Presque jamais de s’attaquer à un problème de santé publique ».

Les essais thérapeutiques ne font guère avancer la science car, selon le rapport de l’IGAS « Leurs résultats ne sont publiés que si l’intérêt du promoteur le commande ». « Lorsque les résultats ne correspondent pas à celui escompté le promoteur n’a aucun intérêt à ce que ses résultats soient connus et commentés ».

On comprend ainsi pourquoi plus 20 ans après leur début, les données complètes des essais OS 87, OS 94, EW93 et EW97 de la Société Française d’Oncologie Pédiatrique (SFOP) n’ont pas été publiés ou partiellement. « Une telle attitude expose de nouveaux malades à des risques qui pourraient être évités  ».

CONCLUSION CONCERNANT LE COVID19

« Soyons directs. Vouloir apprendre à Didier Raoult la méthodologie scientifique, c’est un peu comme si un joueur de babyfoot voulait apprendre son sport à Zidane »

Il est clair que la meilleure façon de sortir de la tragédie que nous vivons est d’appliquer la médecine d’urgence et le bon sens, si toutefois le but est de sauver les patients et non de faire régner la peur et la dictature via le confinement.

Le traitement proposé par le PR Raoult et son équipe est non toxique (au max un électrocardiogramme chez le sujet cardiaque et/ou âgé) donné à plus d’un milliard de personnes au monde sans précaution. L’hydroxychloroquine était en vente libre en France jusqu’en janvier 2020.

Il doit être prescrit à l’apparition des premiers signes cliniques faisant évoquer le covid19

(asthénie, toux sèche, gêne respiratoire, fièvre oscillante) par le généraliste ou tout autre médecinSans certitude, sur présomptions, puisque ce traitement anodin est bien donné en prévention du paludisme ! Si on peut avoir un test, c’est mieux pour la science, mais son impossibilité ne doit pas empêcher le traitement au premier ou deuxième jour pour éviter l’apparition de formes graves, certes rares mais incurables trop souvent dès que la détresse respiratoire est apparue.

Bien sûr, on traitera des patients qui auraient guéri seuls, mais tant qu’on n’aura aucun critère pour deviner qui va déclencher une forme grave, pas d’autre solutions. Même l’âge n’est pas un critère rassurant.
On traite bien tout le monde en prévention de paludisme sans état d’âme pour ceux qui n’en auraient pas fait ou auraient guéri facilement sous traitement.

De plus, en traitant ainsi tous les infectés cliniques, on diminuera vite leur degré de contagiosité en faisant diminuer la charge virale en quelques jours. Tout le monde est gagnant.

Il nous semble même qu’un traitement préventif des sujets très exposés comme les soignants pourrait bénéficier être positif. Un traitement préventif systématique en continu, peut-être par chloroquine seule comme pour le paludisme, quitte à les traiter comme les autres en cas de manifestation clinique. A envisager.

En ce qui concerne la population, il faut la protéger partout et tout le temps par ports de masques éventuellement fabriqués selon les nombreux tutos sur internet. Confiner les gens sains et les laisser rencontrer au supermarché ou dans les transports tassés des personnes infectées relève soit de la bêtise, soit de la perversion dans d’autres objectifs.

Les personnes cliniquement atteintes doivent être isolées les quelques jours de la baisse de la charge virale ainsi que les personnes contacts.

Le confinement global, absurde ou pervers ou les deux. Mesure dictatoriale, discriminatoire, dangereuse pour les français et l’économie

Par contre, le confinement global est une aberration sanitaire et une décision politique destinée à masquer les insuffisances du gouvernement, masques, gel, personnel, respirateurs et pire encore la gestion bureaucratique, sectaire des agences régionales de santé qui préfèrent laisser mourir des plus de 70 ans, voire moins parfois, transférer des malades par avion ou TGV, plutôt que de coopérer avec le secteur privé auquel a néanmoins été imposé une annulation de tous les actes non urgents, annonciatrice de faillites de petites structures et de paramédicaux et médecins sans revenus qui risquent d’abandonner la profession déjà en sous-effectif .

Ses nombreuses conséquences délétères tant sur l’économie que sur la santé mentale des confinés doivent être largement dénoncées pour que s’élève la voix du peuple, jusqu’à présent tétanisé par la peur et conditionné à croire en l’efficacité sanitaire du confinement global aveugle. Mensonge majeur à ajouter à la liste des mensonges quotidiens du gouvernement. Les français doivent le savoir et résister via associations, élus etc. Résister !

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