L’essai clinique du transporteur d’oxygène universel de la société finistérienne a été suspendu au début le 8 avril 2020. Après avoir encaissé le coup, Franck Zal et son équipe se relancent dans la bataille contre la Covid-19 avec leur hémoglobine issue d’un ver marin.

Le 8 avril 2020, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) suspendait en urgence un essai clinique sur la molécule aux propriétés d’oxygénation de la société finistérienne Hemarina. Ce transporteur d’oxygène universel, découvert par Franck Zal, devait être testé sur une dizaine de patients de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), promoteur de l’essai. « Nous avons eu connaissance d’une étude antérieure ne figurant pas dans le dossier soumis par l’AP-HP, explique la porte-parole de l’autorité sanitaire. Il nous fallait donc absolument suspendre l’inclusion de patients, le temps de réanalyser le dossier. »

Mais face à ce contretemps, l’AP-HP décide de se retirer totalement. Un coup de massue pour Franck Zal, le directeur d’Hemarina :  J’ai pris un coup sur la tête quand j’ai reçu ce message. Ça a été très violent. Ce n’est pas moi qu’on essaye d’atteindre, c’est peut-être l’image qu’on a de moi. Et comme on avance, ça doit peut être créer des problèmes quelque part. 

« À cause d’un acte malveillant »

Car l’entrepreneur breton met en cause  une lettre anonyme envoyée à l’ANSM, à propos d’une étude sur des porcs datant de 2011 . L’autorité sanitaire ne nous a pas confirmé cette information mais affirme, de son côté, que l’étude en question  est déjà en cours d’évaluation afin de gagner du temps lorsqu’un nouveau promoteur déposera un dossier .

Pour Franck Zal, cette étude n’a aucun rapport avec les essais cliniques envisagés :  Je prends l’image de la pomme : avec une pomme, on peut faire du cidre ou de la compote. Si vous voulez faire du cidre, je ne vous donne pas la recette de la compote ! 

Selon le chercheur, l’essai de 2011 dont les résultats sont parvenus à l’ANSM, portait sur le choc hémorragique létal.  Les résultats étaient neutres : ni bénéfices, ni absence de bénéfice.  Pour lui, tout s’arrête  à cause d’un acte malveillant alors qu’on en était déjà à 14 000 morts  .

Pendant ce temps, les recherches avancent

Mais passé le choc, il reste combatif.  J’ai pris du recul. De toute façon, je ne lâche pas, je connais mon produit, je continue à avancer. Je me suis remis en ordre de bataille. Quoiqu’il arrive, ça se fera, je suis optimiste.  D’autant que s’il s’est lancé dans cette voie, c’est sur la sollicitation de médecins, au début du confinement.

Le fait de devoir déposer un nouveau protocole d’essai est aussi l’occasion d’engranger plus de connaissances.  Cela demande du travail, car on apprend tous les jours sur la maladie. On découvre ce qui se joue vraiment autour de l’oxygénation. C’est comme une enquête policière : on commence à voir comment fonctionne le virus, où il va, etc. 

De la même manière, les chercheurs en apprennent plus sur le fonctionnement de leur molécule face au coronavirus.  Il faut trouver le meilleur endroit où la placer en fonction de ses propriétés.  Franck Zal plaide toujours plus pour sa molécule, dont les fortes capacités de transport d’oxygène et les propriétés antioxydantes  pourraient être utiles, vu les dernières données récoltées sur la maladie .

Patience et optimisme…

Il y aura donc bien un nouveau protocole d’essai déposé à l’ANSM, avec une nouvelle sollicitation du Comité de protection des personnes.  On a juste perdu un mois et demi, et à présent 21 000 personnes sont mortes , déplore-t-il.

Mais quelle structure hospitalière en sera le promoteur ? Franck Zal reste évasif. Évidemment, le retrait de l’AP-HP a un goût amer.  Quoi qu’il arrive, on est dans la cible. Autant bien écrire le protocole, que tout le monde soit d’accord.  Patience et optimisme…

https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/hemarina-reprend-la-lutte-contre-le-covid-19-avec-un-nouveau-test-de-sa-molecule-issue-de-ver-marin-6818537