#JeNeMeConfineraiPas !

Depuis plusieurs jours, l’exécutif nous prépare tranquillement à l’éventualité d’un troisième confinement suggérant une dégradation de la situation épidémique. Qu’avons-nous appris des effets d’une telle mesure que même l’OMS décrie ? La situation épidémique le justifie-t-elle réellement ?

 1.Ce que l’OMS et de nombreux scientifiques de renommée pensent du recours au confinement

Pas plus tard que le 9/10/2020, le Dr David Nabarro, l’un des six envoyés spéciaux de l’Organisation Mondiale de la Santé pour le COVID-19 a exhorté les dirigeants du monde entier à cesser d’utiliser le confinement comme principale méthode de contrôle contre la propagation du coronavirus.

Dans une interview  interview diffusée le 8/10/2020 au quotidien britannique The Spectator, il déclare :

« Les politiques actuelles de confinement produisent des effets dévastateurs sur la santé publique à court et à long terme. Les seules fois où nous croyons qu’un confinement est justifié, [c’]est afin d’acheter du temps pour la réorganisation, le regroupement et la calibration des ressources [et] d’aider le personnel de santé qui est exténué, mais en général, nous préférons ne pas le faire»

Il n’est pas le seul scientifique à s’opposer au confinement. Près de 35 000 scientifiques et de praticiens de médecine ou de santé publique ont signé la Déclaration de Great Barrington, lancée le  4 octobre 2020 par trois éminents professeurs (source n°2):

  • Le  Martin Kulldorff, professeur de médecine à l’université Harvard, un biostatisticien et épidémiologiste spécialisé dans la détection et la surveillance du déclenchement des maladies infectieuses et l’évaluation de la sécurité des vaccins ;
  • Le  Sunetra Gupta, professeure à l’université d’Oxford, une épidémiologiste spécialisée en immunologie, dans le développement de vaccins et la modélisation mathématique des maladies infectieuses ;
  • Le  Jay Bhattacharya, professeur à l’École Médicale de l’université de Stanford, un médecin, épidémiologiste, économiste de la santé et expert en santé publique spécialiste des maladies infectieuses et de leurs effets sur les populations vulnérables.

 

  1. Que savons-nous de la balance bénéfice-risque du confinement ?

Coûts économiques et sociaux catastrophiques

Le Dr Nabarro a souligné les dommages collatéraux qu’entraînent le confinement dans le monde entier, en particulier parmi les populations les plus pauvres.

Sans l’ombre d’un doute, l’OMS a crié haut et fort à qui voulait l’entendre que

« les confinements rendent les pauvres plus pauvres et qu’ils représentent une terrible et épouvantable catastrophe mondiale ».

Par ailleurs de très nombreux scientifiques s’accordent à dire que :

  • la précarité et les troubles psychiques chez les plus jeunes ne pourront que s’aggraver avec un nouveau confinement
  • le maintient des écoliers en dehors de l’école relève d’une grande injustice. Et cela est d’autant plus terrible et inutile que nous savons désormais que pour les enfants « la COVID-19 est moins dangereuse que bien d’autres maux, y compris la grippe ».

Pas d’incidence sur l’évolution de l’épidémie

De plus en plus d’études montrent que les mesures de confinement strict n’ont pas d’incidence sur l’évolution de l’épidémie, ni sur la réduction de la mortalité :

  • La Suède, pays qui n’a pas mis en place de mesures de confinement et s’est appuyé sur la responsabilité de sa population, voit le nombre de cas diminuer et présente un taux de mortalité plus faible que la France.
  • Si on compare la Belgique (confinement strict) et les Pays-Bas (pas de confinement), l’évolution des des courbes de contaminations suggère même que le confinement pourrait avoir facilité la propagation du virus :

 

Evolution des contaminations quotidiennes

 

  • En France, l’analyse de l’épidémiologie des eaux usées a démontré que le nombre de contaminations avait amorcé une baisse avant même les dernières mesures de couvre-feux et de confinement « partiel » de fin d’année 2020

Coût sanitaire est énorme

Les effets négatifs du confinement sont nombreux et touchent l’ensemble de la population:

  • Augmentation des troubles anxio-dépressifs avec augmentation de la délivrance des anxiolytiques et antidépresseurs,
  • Syndrome dépressif et perte d’autonomie chez les sujets âgés,
  • Retard au diagnostic et de prise en charge de pathologies cancéreuses,
  • Augmentation de la surcharge pondérale et de l’obésité chez les enfants,
  • baisse des taux de vaccination chez les enfants,
  • aggravation des cas de maladies cardio-vasculaires,
  • grands excès de mortalité dans les années à venir, notamment dans la classe ouvrière et parmi les plus jeunes.
  1. Que nous disent les différents indicateurs sanitaires en ce début d’année 2021 ?

Selon le Réseau Sentinelles, réseau qui surveille l’évolution des épidémies en médecine de ville :

  • Semaine 2 : taux d’incidence des Infections Respiratoire Aigües à Covid 19 (c’est-à-dire les patients présentant des symptômes en rapport avec le virus) EN BAISSE avec 19 cas pour 100.000 habitants (env. 12000 cas) versus 26 cas pour 100.000 habitants semaine 1
  • Taux est stable autour de 16 cas/100000h depuis mi novembre.
  • À titre de comparaison le seuil épidémique de la grippe, c’est-à-dire le taux d’incidence à partir duquel on considère que l’épidémie démarre est de 170 cas pour 100.000habitants.
  • Selon SOS médecin, le nombre d’actes pour suspicion de Covid effectués est stable voire en légère baisse de 1% en Semaine 2 par rapport à la Semaine 1. Cette activité est également stable depuis mi novembre.

Selon Santé Publique France :

  • le nombre de tests positifs en Semaine 2 est stable/ semaine 1 avec une légère augmentation de 1%.

On note également qu’il n’y a pas de saturation ni des services hospitaliers ni des réanimations et le nombre de personnes hospitalisées et d’admises en réanimation est stable depuis plusieurs semaines.

L’ensemble de ces indicateurs concorde et montre donc qu’il n’y a pas accélération de l’épidémie actuellement, alors même que l’on nous prédisait une reprise épidémique après les fêtes de fin d’année.

 4.Quelles alternatives à la politique sanitaire actuelle ?

Protéger les plus vulnérables par des mesures ciblées

L’OMS et un très grand nombre de scientifiques partout dans le monde, s’accordent à dire que

« les politiques actuelles de confinement produisent des effets dévastateurs sur la santé publique à court et à long terme »

et recommandent une approche ciblée et intelligente, la Protection focalisée (Focused Protection).

Adopter des mesures pour protéger les plus vulnérables devrait être le but central des réponses de santé publique à la  COVID-19.

Cesser la politique de la peur

Il faut également mettre un terme à la politique de la peur néfaste pour l’état psychique de l’ensemble de la population toutes classes d’âge confondues. L’exécutif se doit, dans une situation de crise, de rassurer par un discours pédagogue qui doit s’appuyer sur la confiance en la responsabilité de ses concitoyens et non sur la culpabilisation ou l’infantilisation.

Selon le Dr Fabien Quedeville, et tous les médecins qui le suivent dans sa Tribune (voir point n°5), la population a très bien intégré depuis bientôt un an de crise les bons gestes à adopter :

  • Consulter son médecin traitant afin de se faire tester dès les premiers symptômes. Encore faut-il laisser aux médecins de ville la possibilité de faire leur métier et de prescrire les traitements nécessaires et adaptés à chaque patient qu’ils reçoivent.
  • S’isoler dès la suspicion d’une maladie à Covid 19 et dès la réception du test positif
  • Pratiquer les gestes barrière.
  • Signaler les cas contacts afin d’assurer leur dépistage précoce.
  1. #JeNeMeConfineraiPas, un mouvement qui a enfin ébranlé l’exécutif.

Le médecin généraliste Dr Fabien Quedeville a rédigé et lancé une Tribune à destination du Président de la République. L’ont rejoint dès le départ le Pr Toussaint, professeur de physiologie et directeur de l’IRMES, Me Thibault Mercier, avocat et président du Cercle Droit & Libertés ainsi que notre Association.

Soyons nombreux à le suivre et à user et abuser de cet hashtag qui fait parler de lui et le fera aussi longtemps que nous serons malmenés par une politique santé disproportionnée, anxiogène et dictée par un Conseil scientifique qui a largement fait les preuves de son incompétence.

« Ce confinement sera celui de trop. De toutes nos forces, nous nous y opposerons »

Dr Fabien QUEDEVILLE, médecin généraliste

 

SOURCES :

  1. Interview du Dr Navarro à The Spectator
  2. Déclaration de Great Barrington
  3. Tribune #JeNeMeConfineraiPas