Hier, l’essai Recovery annonçait la fin des essais avec l’hydroxychloroquine immédiatement car « ce médicament, sans présenter de toxicité, ni causer plus de décès ne marche pas ». Un nouveau virement de bord après le retrait de l’étude The Lancet qui avait traité l’hydroxychloroquine de dangereux et causant la mort.  En moins de 10 jours on aura pu lire tout et son contraire ce qui est loin de rassurer la population. Revenons sur cette décision qui nous parait pour le moins incroyable.

Rappel concernant la chronologie des derniers évènements (car nous surfons de rebondissements en rebondissements depuis quelques temps)

  • Le 22 mai Mehra publie dans le Journal The Lancet une étude sur 96000 dossiers de patients l’hydroxychloroquine est inefficace mais en plus qu’elle s’avère dangereuse.
  • Le 27 mai, le professeur Harvey Rich de l’université de Yale publie une étude préapprouvée qui demande à ce que la bithérapie Raoult soit approuvée pour une utilisation rapide par tous les médecins.
  • Le 28 mai, un communiqué du comité de contrôle de Recovery indiquait qu’il n’y avait aucun problème avec l’hydroxychloroquine et celui-ci recommandait donc de poursuivre le recrutement sans interruption jusqu’à la prochaine réunion prévue le 11 juin.
  • Le 29 mai L’Indian Council of Medical Research avait alerté l’Organisation Mondiale de la Santé du taux incroyablement élevé d’hydroxychloroquine dans Recovery (4 fois supérieur à celui utilisé dans les essais indiens).
  • Le jeudi 4 juin le MHRA (équivalent de l’Autorité Nationale de Sécurité du Médicament) demandait à Recovery de regarder les données pour l’hydroxychloroquine vraisemblablement liée à l’annonce de l’étude Boulware et dans la continuité de l’étude Mehra. Comme l’avait fait le ministre de la Santé le 30 mai 2020 en France avec une suspension hâtive de l’hydroxychloroquine de manière hâtive.
  • Le 4 juin, Le journal The Lancet rétractait la publication en s’excusant, à l’instar du NEJM qui retirait une publication similaire du même auteur.
  • Le 4 juin, FranceSoir dénonçait l’étude Boulware et al.du New England Journal of Medecine pour des raisons statistiques.
  • Le 5 juin, Recovery annonce la suspension des essais avec l’hydroxychloroquine.
  • Le 5 Juin, Martin Landray est interviewé par FranceSoir..

Martin Landray dans son interview nous dit des choses très intéressantes :

  • Dans l’étude ils ont constamment monitoré les résultats des études en cours comme le prouve l’inclusion d’informations sur le Remdesivir ou l’étude The Lancet.
  • Ce médicament est prescrit à une dose élevée de 2400mg le premier jour (soit 1860mg de molécule active d’hydroxychloroquine) suivi de 9 jours à 800mg/jour.
  • Les doses choisies sont en ligne avec les dosages utilisés pour d’autres maladies telles que la dysenterie amibienne.
  • Ce médicament n’est pas mortel
  • Mais ce médicament ne marche pas car nous n’avons pas observé de différence entre le bras traité à l’hydroxychloroquine et le bras standard.

En conclusion cela ne sert à rien de donner un médicament qui ne présente aucun intérêt dans le cadre de la Covid-19. Un point c’est tout. Hydroxychloroquine Exit.

Quels sont les résultats annoncés ?

« Au total, 1542 patients ont été randomisés pour recevoir de l’hydroxychloroquine et par rapport à 3132 patients randomisés pour les seuls soins habituels. Il n’y avait pas de différence significative dans le critère principal de mortalité à 28 jours (25,7% d’hydroxychloroquine vs 23,5% de soins habituels).

Les points qui attirent notre attention sont les suivants :

  • Le taux de mortalité du groupe témoin (23.6%) est très élevé par rapport aux 12.7% observés par  Rosenberg et al. dans Jama, sur des patients sévères hospitalisés,et 18.1% en France ou 12.9% dans les Bouches-du-Rhône.
  • Des patients particulièrement malades âgés de 50 à 82 ans avec 76% des patients qui ont nécessité de l’oxygène avec 27% de diabétiques, 27% de malades avec des problèmes cardiaques et 22% avec des affections pulmonaires.
  • Les doses d’hydroxychloroquine données aux patients au protocole de l’étude Recovery, sont de 2400mg avec 12 cachets de 200mg (soit 1860 mg d’hydroxychloroquine utile) dans les premières 24h et 9600mg d’hydroxychloroquine pour l’ensemble du traitement.

En regardant les nouvelles informations, plusieurs points attirent notre attention

  • Un dosage recommandé maximum non respecté : en Grande-Bretagne, NICE donne comme recommandation de dosage journalier maximum 6.5mg par kg de principe actif, soit à peu près 500mg par jour par personne pour les pathologies connues.
  • Le dosage maximum au Royaume-Uni est le même qu’en France, l’Autorisation de mise sur le marché en France considère le taux de surdosage à 25mg/kg de hydroxychloroquine soit pour un patient de 75kg, soit 1875mg pour une journée et impose une hospitalisation au service d’urgence.
  • Recovery dosage trois fois plus important que Discovery : la posologie utilisée dans l’essai Recovery est largement au-dessus de ce qui est utilisé dans l’essai Discovery (800mg le premier jour pour un adulte testé positif au SRAS Cov2) et préconisée par l’AMM en France.
  • Une alerte importante restée sans considération : l’Indian Clinical Medical Research, avait alerté Recovery sur le biais potentiellement crée par le dosage quatre fois plus élevé d’hydroxychloroquine dans l’essai Recovery.
  • L’étude chinoise du 15 mai ignorée : aucune référence à l’étude chinoise publié le 15 mai portant sur des patients hospitalisés très sévères qui préconise 400mg/jour pour ces patients avec un effet très positif pour diminuer la mortalité et l’orage cytokinique.
  • L’étude du Professeur Harvey Rich du 27 mai 2020, de l’université de Yale qui préconise d’utiliser la bithérapie Raoult de manière extensive et donner la possibilité aux médecins de la prescrire immédiatement
  • A l’IHU de Marseillele professeur Raoult en connaisseur de l’hydroxychloroquine préconise un dosage en ligne avec ce que l’AMM dicte comme ligne directrice en France ainsi qu’une utilisation en tout début d’infection.
  • Des patients anglais présentant des troubles demandant une attention particulière dans les lignes directrices de NICE sur l’hydroxychloroquine.

Mais pourquoi le MHRA (équivalent de l’AMM) dans le cadre de Recovery laisse-t-elle la possibilité de prescrire 4 fois la dose normalement recommandée en quantité maximale ?

Martin Landray nous dit : « Il n’y a pas de dosage recommandé pour le Covid 19 car c’est une nouvelle maladie »

Une réponse certes censée mais cela ne répond toujours pas à la question du multiple, qui au dire du professeur Perronne est 4 fois la dose maximale recommandée. Pas plus que nous ne puissions comprendre pourquoi le taux de mortalité est si élevé à 25% hormis de donner un traitement à des patients tellement malades qu’ils allaient décéder.

Et pourquoi Martin Landray nous dit “que les doses choisies sont en ligne avec les dosages utilisés pour d’autres maladies telles que la dysenterie amibienne“?

A la lecture de nos recherches, le professeur Perronne nous dit:  En 1975, quand j’ai fait mon stage d’externe à l’hopital Claude Bernard qui était le temple des maladies infectieuses, où j’ai vu beaucoup d’amibiases, la chloroquine n’était plus utilisée pour cette maladie.

C’est bien la première fois que j’apprends qu’on utilise l’hydroxychloroquine dans la dysenterie amibienne, en plus à dose super-toxique pour l’homme. Le traitement classique pour l’amibiase colique repose sur une association d’hydroxyquinolines, le tiliquinol et le tilbroquinol, dont le nom commercial est l’Intétrix. Je pense qu’il a confondu l’hydroxychloroquine avec les hydroxyquinolines. Si mon hypothèse est correcte, cela relève de l’incompétence. Le plus grave est l’utilisation d’une énorme dose, potentiellement mortelle. Il faut dénoncer ce scandale.

Des avis importants non suivis, des experts non consultés, des dosages létaux et au delà des normes Française (AMM) et Britannique (NICE) sur des malades demandant une attention particulière. Cela en laissera plus d’un penseur, voir en colère tant la situation est consternante

Amis britanniques, vous quittez peut-être l’Europe, à notre grand regret, mais votre gouvernement semble ne pas vous dire la vérité.  Nous n’aimerions pas qu’au-delà de vous voir quitter l’Europe, dans l’éventualité ou vous contractiez la Covid-19, vous preniez un aller simple pour l’au-delà. Réveillez-vous avant car Recovery vous endort.

http://www.francesoir.fr/societe-sante/recovery-brexit-overdose